La philosophie du resto slowfood selon Mister Goodfood...
Dans un contexte ’’mondialisant’’ où l’écologie, l’environnement, le réchauffement de la planète, les pénuries alimentaires en attendant celles de l’eau, le développement durable, les énergies renouvelables, la santé, le bien-être et bien d’autres enjeux pour notre bonne vieille terre et nous-mêmes, sont à la « Une » de nos médias, la restauration ne doit pas être en reste. Ni camion-bar, ni fast-food, ni snack-bar, ni restaurant gastronomique, ni restaurant à thème, le slowfood c’est tout simplement le retour aux goûts simples mais bons. Une philosophie qui fait son chemin actuellement. C’est l’antithèse du fastfood « stressant » et de la malbouffe de plus en plus décriée.
C’est dans cet esprit, associé à celui très communautaire voire zen du Dojo Masaka, que nous avons voulu poursuivre les activités de la Terrasse du Dojo.
Célébrons le “bon, le frais, le sain et le juste”
Que vous soyez debout autour d’un barbecue, agenouillés sur un tatami ou assis à la table d’un restaurant, l’acte de se nourrir est fondamental pour vivre.
Le fait d’améliorer la qualité de notre alimentation et de prendre le temps d’en profiter est une manière simple d’insuffler un peu de joie dans notre vie trépidante par ailleurs. Telle est la philosophie du slowfood selon nous.
L’alimentation étant un élément aussi important de notre vie quotidienne, il est normal que ce que nous mangeons ait un impact très puissant sur tout ce qui nous entoure: le paysage rural, la survie des traditions et la biodiversité sur la Terre. Pour un vrai gastronome, il est impossible d’ignorer les liens étroits qui existent entre l’assiette et la planète. Et derrière toute assiette, il y a ceux qui lui ont fait voir le jour – les producteurs qui soutiennent des traditions de culture ou de production, qui travaillent pour nous nourrir et nous satisfaire.
Voici les considérations qui nous inspirent. Les aliments que nous mangeons doivent avoir bon goût; ils devraient être produits de manière propre et non nuisible pour l’environnement, le bien-être des animaux et la santé des hommes; et ses producteurs doivent recevoir une rémunération juste et équitable pour leur travail. Pas facile mais essayons !
« Il est inutile de forcer les rythmes de notre existence. L'art de vivre consiste à apprendre comment dédier du temps à chaque chose. »
L’éducation au goût, une gageure ?
Dans un monde où les plaisirs du goût ne sont plus toujours véhiculés au travers de repas pris autour d’une table animée, nous devons faire un effort particulier pour explorer, s’interroger et expérimenter. C’est bien l’objectif des initiatives que nous souhaitons développer avec Mister Goodfood. Vos suggestions et remarques seront les bienvenues !
« Trop rares sont peut-être ceux qui, parmi nous, considèrent que le fait de couper le pain, de partager le sel ou de mettre en commun le même bol de nourriture, revêt une importance qui va bien au-delà de la simple satisfaction d'un besoin. »
Yuan Mei, poète chinois
De nos jours, nous dépendons de très peu de variétés pour l'alimentation humaine - moins de 30 plantes fournissent 95% de la nourriture mondiale. Au cours du siècle dernier, 300 000 espèces végétales ont disparu. Depuis le début du vingtième siècle, l'Amérique a perdu 93% de ses produits agricoles, et l'Europe presque 85%.
Notre siècle, qui a débuté et s’est développé sous le signe de la civilisation industrielle, a d’abord inventé les machines, puis les a élevées au rang de modèles de vie. Nous sommes devenus les esclaves de la vitesse et avons tous succombé au même virus insidieux : la “Fast Life” (Vie Rapide), qui perturbe nos habitudes, envahit l’intimité de nos maisons et nous force à manger des “Fast Food” (Aliments Rapides).
Pour être digne de son nom, l’Homo Sapiens devrait se débarrasser de la vitesse, avant que celle-ci ne le réduise à une espèce en voie de disparition. Une défense affirmée des plaisirs essentiels et calmes constitue la seule manière de lutter contre la folie universelle de la “Fast Life”.
Espérons qu’une juste dose de plaisir sensuel authentique, lent et durable, nous préservera de toute contamination par les foules qui confondent frénésie et efficacité.
Mister Goodfood, dans son concept, est ainsi au carrefour entre l'éthique et le plaisir, l'écologie et la gastronomie. En se battant contre l'homogénéisation du goût, le pouvoir illimité des sociétés multinationales, l'agriculture industrielle et la folie de la “fast life”, Mister Goodfood veut rendre à la nourriture sa dignité culturelle et à la table sa lenteur et sa convivialité. Pour le prouver au quotidien, nous ne proposerons, dans la mesure des disponibilités du marché local et de celui de Rungis, que des plats à base de produits frais et « faits minute ». Vaste programme mais jouable, ensemble !
« Les plaisirs de la table sont l'apanage de chaque homme, quels que soient son pays d'origine et son rôle dans l'histoire ou la société ; ils peuvent faire naturellement partie de tous les autres plaisirs, par rapport auxquels il durent toutefois plus longtemps, ce qui nous console lorsque les premiers ont disparu»
Jean Anthelme Brillat-Savarin,
Gastronome français
Pourquoi le nom de Mister Goodfood ?
Terme marquant un contraste avec les valeurs du “fast food”, Mister Goodfood se veut être une référence, dans la mesure de ses petits moyens, à une vie moins frénétique, en commençant autour de la table.
Au nom de la productivité, la “Fast Life” a changé notre manière d’être et menace notre environnement et nos paysages. Mister Goodfood est donc désormais une réponse à son échelle, mais progressiste.
Il s’agit là de l’essence même de la vraie culture : développer le goût au lieu de l’amoindrir. Et quoi de mieux pour y arriver qu’un partage d’une même philosophie.
Est-ce que le slow food signifie bio ?
Il est en effet en faveur des principes qui sous-tendent l’agriculture biologique, tels que la promotion de techniques de production ayant un impact faible sur l’environnement et réduisant l’utilisation de pesticides. C’est pourquoi nous tenterons, chaque fois que cela sera possible à la Réunion, de n’utiliser que des produits issus de la production biologique : bon, frais, propre, sain et juste !
Bon appétit...et slow, slow !
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